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Redessiner la destination touristique

Diffusion des flux, élargissement de l’offre et renouvellement des clientèles

Espaces tourisme & loisirs in revue Espaces n°350

Soucieuses de répondre aux évolutions de la demande, certaines destinations cherchent à redessiner leur carte touristique. En effet, les aspirations à un tourisme plus respectueux (dénonciation du surtourisme, développement des mobilités douces…) remettent en cause le modèle de la destination concentrée. Parallèlement, la quête d’un tourisme “expérientiel” incite les destinations à proposer des offres alternatives, au plus près des habitants. Enfin, le mouvement en faveur d’un tourisme lent, parfois associé à la honte de prendre l’avion (flight-shaming), risque à terme de renforcer la part relative des clientèles de proximité, et donc la nécessité de séduire un public de repeaters. Que l’objectif poursuivi soit la diffusion des flux, l’élargissement de l’offre ou le renouvellement des clientèles, il n’est pas facile toutefois de repenser l’échelle de la destination . À l’instar de la plupart des activités humaines, le tourisme est une pratique qui tend à être concentrée dans l’espace.

Pistes pour concevoir l’offre touristique de demain

in revue Espaces n°355

Sortir de la crise économique risque d’être long pour le secteur du tourisme. Trois grandes périodes semblent se dessiner : une phase de recentrage au cours de laquelle les touristes vont voyager près de chez eux ; une phase de rattrapage au cours de laquelle les voyageurs frustrés tenteront de compenser le temps perdu ; une phase de rééquilibrage qui marquera l’entrée dans un monde nouveau. L’analyse des évolutions récentes permet de retenir plusieurs pistes concernant l’offre touristique de demain : la famille, le local, le patrimoine, l’écologie, le bien-être…

Auteur(s) (à la date de publication). Rémy Oudghiri est sociologue, directeur de Sociovision (groupe Ifop).

Comment mieux intégrer les habitants aux stratégies touristiques locales

Fabien Raimbaud, Hélène Nermord
Espaces tourisme & loisirs
in revue Espaces n°335

Vivre comme un local, partager avec les habitants, vivre une expérience unique…, telles sont les caractéristiques de la demande touristique d’aujourd’hui. Pour aider les organismes touristiques à mieux répondre à cette demande, la Mona a élaboré une méthodologie permettant de mieux intégrer les habitants dans les stratégies de développement touristique. De nombreuses “bonnes pratiques” susceptibles d’enrichir et de diversifier l’offre touristique grâce à l’habitant y sont décrites, qui vont du développement de l’accueil par des greeters à celui du covoiturage, en passant par le partage d’informations.

Auteur(s) (à la date de publication). Fabien Raimbaud est responsable professionnalisation à la Mona (Mission des offices de tourisme Nouvelle-Aquitaine).
Hélène Nermord est chargée de mission à la Mona (Mission des offices de tourisme Nouvelle-Aquitaine).

L’habitant, maillon essentiel du système touristique

Marine Loisy
Espaces tourisme & loisirs
in revue Espaces n°335

Longtemps on a pensé que le tourisme était une affaire de professionnels, que l’accueil par l’habitant était une forme marginale de l’offre, destinée à une clientèle elle aussi marginale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. De nombreuses destinations placent l’habitant au cœur de leur stratégie de développement touristique tandis que les opérateurs mettent en avant le fait de “vivre comme un local”. Au sein du système touristique, l’habitant joue un rôle essentiel. À la fois prestataire, client ou promoteur de la destination, il est aussi un élément constitutif de l’offre. Analyse à partir de l’exemple parisien.

Auteur(s) (à la date de publication). Marine Loisy est doctorante Cifre à la Mairie de Paris / Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

Les greeters réinventent l'accueil bénévole

Christian Ragil
Espaces tourisme & loisirs
in revue Espaces n°316

Le mouvement des greeters fédère des habitants bénévoles qui, à l'instar des pionniers des syndicats d'initiative, sont fiers d'être acteurs de l'accueil touristique de leur territoire. Un territoire qu'ils proposent de découvrir autrement, à travers des visites accompagnées personnalisées, complémentaires de celles proposées par les guides. Les greeters contribuent à proposer une image de destination accueillante et ouverte. Ils sont organisés en réseau international partageant les mêmes valeurs, mais c'est en France que l'on compte le plus grand nombre d'organisations de greeters.

Auteur(s) (à la date de publication). Christian Ragil est président du Global Greeter Network

Partage non marchand et tourisme

Espaces tourisme & loisirs in revue Espaces n°316

“C'est pas parce qu'on n'a pas d'argent qu'on va se priver de voyager !” Tel pourrait être l'adage des adeptes du partage non marchand. Adage auquel il faut ajouter : “Je reçois, mais je donne aussi.” L'un des fondements du partage, en effet, c'est la réciprocité, directe ou indirecte. Au-delà de la gratuité, les motivations des troqueurs en tout genre sont la rencontre, l'échange : rencontrer des étrangers, échanger sur d'autres cultures, faire découvrir sa région, son quartier… Tandis que les greeters réinventent l'accueil, les adeptes de Couchsurfing, de l'échange de logement et autres formes de troc réinventent l'hospitalité. À y regarder de plus près, on constate que ces “nouveaux” modes de consommation ne font en fait que réinventer des pratiques anciennes : l'accueil bénévole tel qu'il a longtemps été pratiqué dans les syndicats d'initiative, l'hospitalité traditionnelle des pèlerins… Ces pratiques, réinventées grâce aux plates-formes internet de particulier à particulier (peer to peer), sont dopées par la crise. Notons également qu'elles échappent au fisc, puisque non monétisées. La professionnalisation du secteur du tourisme a eu pour conséquence, outre de renchérir le coût du voyage, de le “déshumaniser”. Avec la crise, dans le tourisme comme ailleurs, on réapprend à donner du sens à la consommation. Sans échange d'argent, bien sûr !

La longue marche vers le tourisme participatif

Samuel Coquin
Espaces tourisme & loisirs
in revue Espaces n°264

Le tourisme participatif s'adresse à un voyageur qui souhaite rencontrer les habitants, au-delà de toute relation marchande, pour “voir le pays de l'intérieur”. La croissance exponentielle du couchsurfing, le développement dans le monde des réseaux de greeters attestent de l'intérêt pour ce type de tourisme, porté à la fois par le développement du web 2.0, de la consommation engagée, de la quête de sens… Porteur en termes d'image, mais marginal quantitativement, il peine encore à recueillir l'adhésion des professionnels et institutionnels du tourisme.

Staycation : un phénomène parti pour rester ?

Jean-Christophe Dissart

in revue Espaces n°353

Le concept de staycation, né en 2008 de la crise financière dite des subprimes, désigne le fait de rester sur son lieu de résidence pendant ses vacances. Aujourd’hui essentiellement subi, ce phénomène pourrait se renforcer avec l’apparition d’un staycation choisi. Le “voyager local”, à l’instar du “manger local”, répond aux préoccupations des citoyens en matière de préservation de l’environnement, de quête d’authenticité et de rejet du surtourisme.

Auteur(s) (à la date de publication). Jean-Christophe Dissart est professeur des universités • Université Grenoble Alpes, Institut d’urbanisme et de géographie alpine, UMR Pacte

L’ancrage local au cœur des stratégies touristiques

Numéro hors série de la revue ESPACES tourisme et loisirs

Espaces tourisme & loisirs

La période actuelle nous invite à réinventer le rapport à la proximité, à préférer le proche au lointain. Depuis plusieurs années déjà, certains acteurs touristiques mènent des stratégies visant à un meilleur ancrage local, qu’il s’agisse de faire la part belle à l’habitant au sein de leur destination, d’ouvrir leur hébergement sur le quartier et d’en faire un lieu de vie permanent ou, dans leur restaurant, de privilégier les producteurs locaux et de mettre en avant la culture alimentaire du terroir. L’enjeu d’un tel ancrage local est triple. Il vise tout d’abord à rendre les habitants fiers de passer leurs vacances et courts séjours chez eux, au cœur d’une destination animée, attrayante et riche en découvertes… Il permet ensuite aux visiteurs de vivre comme un local, de rencontrer les habitants. Enfin, il renforce le développement local en favorisant les circuits d’approvisionnement courts. Au sein du système touristique, l’habitant joue un rôle essentiel. À la fois prestataire, client ou promoteur de la destination, il est aussi un élément constitutif de l’offre. Les plates-formes internet ne s’y sont pas trompées qui, depuis quelques années, ciblent les habitants dans leur stratégie.
NB : Ce numéro hors série de la revue ESPACES met en perspective des articles précédemment publiés dans la revue.