Blue Flower

Bonjour,

 

Suite à la première réunion d’information du 21 septembre 2019 de l’Association Route de la Corniche de la Gironde, je vous transmets mes remarques sur ce projet d’aménagement touristique de la « Route Verte ».

 

Pris dans Wikipédia:

Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) est un document contractuel qui rassemble les clauses techniques d'un marché public ; Il est rédigé par la maitrise d'œuvre études et fait partie des pièces constitutives du marché public. Il est intégré au dossier de consultation des entreprises. Il doit être signé par la personne publique et le prestataire.

 

Décryptage:

Ici je colorie en rouge des extraits du CCTP et écris en bleu italique, ce qu’ils peuvent sous-entendre.

… »La nécessité de relier les sites majeurs par une route touristique pour accroître la fréquentation touristique globale. »

= élargissements des voies et optimisation des carrefours (ronds points)

 

… »il s’agit donc bien à la fois de conforter les pôles forts/vitrines en leur offrant une palette d’activités plus large à proximité, tout en développant les pôles secondaires en y générant davantage de flux »…= un développement des infrastructures touristiques à tous niveaux.

 

… »accroître la structuration des destinations touristiques concernées tout en les reliant, ceci dans une perspective conjointe de développement de la fréquentation et, partant, de la promotion et la commercialisation des produits touristiques dans une recherche affichée d’accroissement des dépenses touristiques locales »…

= structurer les voies d’accès et lieux pour vendre plus,

 

… »Un itinéraire rythmé par des haltes et des aménagements désignés comme points d’escale et points d’arrêts »…

= les touristes (plus nombreux) ne font pas que passer, on favorisera le « séjour » sur place (Hotels, motels, campings, restaurants, boutiques, souvenirs etc). Ce schéma existe déjà aux alentours de Royan.

 

… »l’unicité et la qualité du parcours, tout en favorisant la consommation touristique et la diffusion des flux de visiteurs sur l’ensemble des destinations réunies »…

= un « flot » constant bien réparti…

 

… »Des outils d’interprétation/découverte des patrimoines quels qu’ils soient; - Des espaces d’accès à des services marchands et non marchands destinés aux visiteurs ; - Des outils de canalisation et d’orientation des flux touristiques sur des lieux stratégiques et/ou vers des sites touristiques situés à proximité de l’itinéraire (< 20 km) »…

…transversalement à la route verte

 

… »Les points d’arrêt (observation simple de panoramas avec par exemple zone de stationnement et interprétation simple) ou d’escale (observation de panorama et consommation de services marchands type restauration, hébergement, produits touristiques…) constituent des points d’entrées-sorties de la route touristique. A la fois lieux d’information, de services, d’animations, d’activités et/ou de rencontres, ces derniers contribuent à valoriser les espaces traversés et sont un facteur d’attractivité important »…

= ronds-points pour accéder aux zones de stationnement avec espaces marchands

 

… »Organiser/canaliser les différents flux de clientèle touristiques (véhicules légers de type automobile et camping-car, randonneurs, cyclistes, cyclotouristes, tourisme équestre, plaisance) sur cet axe qui constitue une véritable colonne vertébrale touristique ; 3- Permettre et faciliter, depuis l’axe route verte, l’orientation des visiteurs vers l’intérieur des territoires ; 4- Doter ce parcours d’une identité propre pour développer une notoriété attachée »…

= notoriété qui programme un « retour dans les lieux touristisés »,

une notoriété qui développe automatiquement l’information à grande échelle.

 

… » Une première phase dédiée au positionnement marketing du tracé »…

= un maximum d’argent ou peu de moyens et beaucoup de monde?

 

… »Effectuer des préconisations en termes de rythme/densité de visites/aménagements jalonnant le tracé (distance maximum entre les points d’escales, distance minimum entre les points d’arrêt en fonction du mode de déplacement par exemple) - Identifier si le tracé identifié est compatible sur tout ou partie de son linéaire avec les éléments validés, et, le cas échéant, proposer des variantes pour une/des catégorie(s) d’usagers »…= le travail sera bien fait, testé

 

… »Sur la base des éléments paysagers et patrimoniaux présentés et validés, le(s) prestataire(s) proposera(ont) une segmentation du linéaire de la route touristique fondée sur : - L’identification des points incontournables sur le linéaire de chaque tronçon »…= fréquentation assurée + méga parkings à proximité

 

… »L’identification des points secondaires du linéaire de chaque tronçon, le cas échéant en fonction de la catégorie d’usagers - L’identification des points d’arrêt et d’escale potentiels sur chaque tronçon de la route touristique, le cas échéant en fonction de la catégorie d’usagers - L’identification des portes d’entrée et de sortie de la route touristique, - L’identification des entrées et sorties des tronçons/thématiques du linéaire, - L’identification des points de connexion potentiels avec l’arrière-pays - L’identification des nœuds de connexion entre plusieurs modes de déplacement »…= bus, camping-cars, voitures, motos vélos etc « le cas échéant en fonction de la catégorie d’usagers »… âges, pays d’origine, moyens financiers, autres?

 

Mon avis:        

       

Si on utilise le jargon de l’aménagement urbain, ce CCTP est une demande d’aménagement d’un « axe de restructuration touristique côtier sur 120 km. » avec comme principaux pôles d’irrigation: les villes, Bordeaux Royan, Blaye, Bourg en Gironde, St André de Cubzac, (Cubzac-les-Ponts) et les accès aux autoroutes correspondants.

Ajoutons à cette route toutes les destinations touristiques transversales prévues et nous aurons une arborescence avec pas mal de croisements.

- La sécurité:

La circulation augmentée va accroitre la dangerosité des croisements routiers actuels. Les aménageurs vont prévoir des giratoires (ronds points) + restos + pk + aires de repos qui vont sérieusement transformer le paysage. Un exemple local: axe commercial vers Libourne, vers le Frontzaguais, cumul de ronds points, et sites marchands de toutes sortes.

- Plus la volonté de faire connaître les sites « transversaux » à la route citée, plus il y aura de ronds-points.

Leur taille variera en fonction du « flux » correspondant à la notoriété donc fréquentation des lieux touristiques transversaux comme par exemple « La route de la corniche » En grande Bretagne, beaucoup de giratoires deviennent si grands à cause du "flux" qu'ils sont dotés de feux de signalisation pour régler l'accès au rond-point.

- Plus les sites, ou les vues seront remarquables… plus le « flux » de visiteurs sera grand ainsi que les aires de stationnement connexes et leurs équipements marchands. Ces équipements peuvent être de tailles très variées. On peut s’attendre à l’implantation d’hôtels, motels, campings, boutiques, petits supermarchés etc. (Blaye, Roque de Thau, Bourg). (un exemple célèbre: Le Mont St. Michel).

- La publicité « connectée » par le Net directement aux touristes eux aussi interconnectés sera un facteur aggravant des taux de fréquentation et des risques « d’embouteillages » de nuisance sonore et de pollution.

- La largeur, la densité de l’habitat, son site « protégé » et fragile ( petits jardins tout contre la voie de circulation, flore fragile, inondations, chutes de roches, terrain instable, climat capricieux) rendent cette petite « route de la Corniche » (Roque de Thau - Bayon) incompatible avec ce type de programme.

- L’étroitesse de certaines zones de passage ne permet pas de créer de voies cyclistes et piétonne, ni des stationnements d’arrêt d’urgence.

- Les croisements déjà par endroits, sont problématiques lorsque des véhicules sont en stationnement.

- Les virages serrés du Rigalet, de Bayon et la connexion sur la route verte (rond-point) seront un sérieux facteur de ralentissements voire, d’embouteillages (sans jeux de mots par rapport à cette belle région viticole. Il ne faudrait pas que les « bouchons » de la route littorale soient aussi célèbres que ceux de la périphérie Bordelaise).

- Le développement des « loisirs nautiques »: engendrera la transformation, (mise aux normes) des rampes de mise à l’eau pour accueillir barques, engins de plages, ski jets et autres. « L’intimité » de ces endroits risque d’en souffrir.

- La Route de la Corniche, préservé, dans un site sensible doit être mise à l’écart des programmes de tourisme de masse.

- Une alternative serait peut-être d’ouvrir ce trajet au tourisme qu’un certain nombre d’heures par jour et ou de jours par semaine?

Dominique Izoard (riverain)